résumé
Il est une question qui n’a cessé de hanter le discours politique de la modernité. D'où provient l'autorité du pouvoir ? En quoi consiste le fondement de son autorité, de sa légitimité, de sa crédibilité ? On l’aura souvent répété, pour La Boétie, la question primordiale ne porte pas sur les différentes formes du pouvoir, ou des gouvernements, du meilleur au moins bon, mais sur la dimension humaine ou anthropologique du pouvoir. Autrement dit, pour définir l’essence, la nature ou l'origine du pouvoir, il faut comprendre comment l'action des hommes, leur comportement psychologique et social, a pu produire son existence ou sa réalité. Or, affirmer la détermination humaine du pouvoir, et ne plus en attribuer l’autorité à un prétendu droit divin inaliénable, non seulement produit une véritable crise des institutions, mais de plus ouvre un double champ d'analyse pour la critique du pouvoir : l’un portant sur les causes, c'est la complicité entre les dominés et le régime des dominants, l'autre sur les conséquences, c'est l'appropriation du corps des dominés par la stratégie des dominants.
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